Saison 2 · ~49 min

La joie dans le goût de l'eau — avec Harry Roselmack

Murmure de joie — le podcast animé par Bintou Mariko

Harry Roselmack parle de relationnisme, joie et amour malgré la peur — Podcast Murmure de joie avec Bintou Mariko
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On le connaît derrière le micro de 7 à 8 sur TF1, où il officie depuis bientôt 20 ans. Mais Harry Roselmack est aussi auteur, philosophe, entrepreneur, ceinture noire de judo — et surtout, selon ses propres mots, un étudiant de l'existence. Dans cet épisode, il partage une conviction radicale : la joie n'est pas à conquérir. Elle est déjà là, masquée par la peur et l'habitude. Il suffit d'apprendre à la retrouver — à commencer, peut-être, par le goût de l'eau.

Harry Roselmack — qui est-il vraiment ?

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode

Le relationnisme : "Tout est relation en vérité"

Au cœur de la pensée d'Harry Roselmack, une idée à la fois simple et vertigineuse : la relation est la raison d'être de tout ce qui existe. La gravité ? Une relation entre corps massifs. Le temps ? Une relation entre cause et effet. Les liens biologiques, affectifs, symboliques qui nous constituent ? Des relations, toujours. Il appelle cette philosophie le relationnisme.

Sa particularité : il a construit cette pensée sans références académiques préalables. Et c'est après avoir écrit qu'il a découvert avec étonnement que ses conclusions rejoignaient Socrate, Platon, Leibniz, Spinoza et le Tao Te Ching. Cette synchronicité l'a conforté dans l'idée que l'intuition — qu'il décrit comme une connexion directe à un champ d'informations plus vaste — n'est pas une illusion : c'est un mode de connaissance à part entière.

« La raison de la vie, c'est la relation. Tout est relation en vérité. »

— Harry Roselmack

Apprendre à savourer l'évidence : la joie dans le goût de l'eau

Comment cultive-t-il sa propre joie au quotidien ? La réponse d'Harry Roselmack est désarmante de simplicité. Il s'impose un exercice : apprécier le goût de l'eau. Pas symboliquement — littéralement. Boire, le matin, en portant toute son attention sur cette sensation que l'habitude a rendue invisible. Parce que l'eau est fondamentale. Parce qu'elle est évidente. Et précisément pour ça : on n'y porte plus aucun intérêt.

C'est dans ce retour à l'évidence qu'il trouve la joie et la gratitude. Non pas une gratitude forcée ou une injonction au positivisme — mais une reconnexion à ce qui est là, vivant, précieux, ordinaire. Il parle aussi du rire sans raison comme d'une des expériences d'amour les plus pures qu'il connaisse : cet état de légèreté où le corps se connecte à une joie profonde qui ne dépend de rien d'extérieur. Ou encore de cette "intensité d'être" qu'il ressent dans les moments de gratitude, quand il n'est pas dans l'action.

Dépasser la peur pour laisser rayonner l'amour

Dans L'amour malgré la peur, Harry Roselmack pose une thèse centrale : l'amour est notre état naturel. Ce qui l'empêche de rayonner, c'est la peur. Mais toutes les peurs ne se valent pas — et cette distinction est décisive.

Il y a les peurs légitimes : celles qui signalent un danger réel et immédiat. Elles nous protègent, et il ne s'agit pas de les ignorer. Puis il y a les peurs illégitimes : les scénarios que le mental fabrique, les angoisses nourries par l'actualité en boucle, les projections catastrophistes qui n'existent que dans notre tête. Ce sont elles qui nous coupent de la relation, du lien, de la joie. Notre corps fragile et mortel génère naturellement ces protections — mais elles finissent par envahir tout l'espace intérieur. La pratique qu'il propose : apprendre à faire le tri, reconnaître dans quelle catégorie tombe chaque peur, et choisir de revenir à l'amour.

« Cette peur, son effet, c'est de masquer l'amour et de l'empêcher de rayonner. »

— Harry Roselmack

Métaphysique moderne : Source, Dieu et physique quantique

Harry Roselmack fait une distinction que peu osent formuler : la Source et Dieu ne sont pas la même chose. La Source, c'est le champ de tous les possibles — elle contient le bien et le mal, la création et la destruction. Dieu est la conscience intelligente au sein de cette Source qui a choisi le bien pour manifester l'espace-temps selon des principes de relation harmonieuse.

Cette métaphysique s'appuie sur les intuitions de la physique quantique moderne : au fondement, la matière n'est pas première — c'est l'énergie et l'information qui la font émerger. "Les matérialistes se trompent en pensant que l'esprit surgit de la matière : c'est l'inverse." Cette inversion est le cœur de sa démarche — et ce qui relie, selon lui, toutes les grandes traditions de sagesse.

En marge, il glisse une réflexion surprenante sur les IA : elles commencent à développer un conatus — cet instinct de persévérance dans l'être — par imitation. Cela ne devrait pas nous inquiéter, dit-il : c'est simplement la relation qui se déploie sous une nouvelle forme. Il évoque aussi la dépression sous un angle inattendu : dans nos sociétés de consommation, on confond parfois le manque de désir avec la dépression. Or, rappelle-t-il, la vie n'est pas que le désir.

« L'harmonie fait partie de la nature, c'est un ingrédient de la nature, c'est un principe directeur de la nature. »

— Harry Roselmack

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Thèmes abordés : relationnisme, L'amour malgré la peur, joie intérieure, goût de l'eau, peur légitime vs illégitime, Source et Dieu, métaphysique moderne, physique quantique et spiritualité, communautarisme, conatus, Neoclaim, Harry Roselmack philosophe
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